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Sex in the city 1: Accro au Porno

A l’heure où l’industrie du porno se demande comment elle va faire pour faire payer cette génération de branleurs qui n’ont jamais craché un centime pour s’offrir une petite séance de masturbation, moi j’en profite un max. Peut-être un peu trop même, au point où je me demande si, en plus de la nicotine, de Facebook et des séries télé, je ne viens pas de me trouver une autre addiction?

Vous l’aurez compris ce post parle de porno et plus précisément de porno gay. Alors si vous ne voulez pas en savoir plus la lecture s’arrête ici.

Commençons par dire que le monde du porno me passionne. J’ai une obsession pour ces acteurs sans pour autant avoir le désir d’en devenir un. Mon « porn name » (nom de votre premier animal de compagnie suivi du nom de la rue où vous avez grandi) serait Jet Europe, c’est dire à quel point je ne serais pas crédible. Ma page d’accueil n’est pas HugeDudes.net (que je recommande grandement au passage) mais je n’en suis pas loin. Alors pourquoi cet amour du porno ? Peut-être que ça me fait sortir d’une réalité sexuelle que je n’aime pas trop.

Au début on regarde parce qu’on connait pas. On sait qu’on est pédé mais après, comment est-ce que 2 mecs baisent on n’en sait rien… enfin quand même on s’en doute… Je remercie quand même l’ordre cosmique de m’avoir fait naitre à l’époque du tout numérique, de ne pas devoir porter un long manteau pour aller au cinéma et ne pas connaître l’humiliation d’aller acheter un magazine chez le marchand de journaux. Au lieu de ça j’ai accès à tout ce que je veux alors j’en profite : Oral, Anal, Orgies, DP, Bondage, Bear, Hunk, Twink, Black, Latino,… en plus on apprend des nouveaux mots.

Enfin bref, après quelques années il faudrait quand même penser à passer à l’action. On révise encore un peu quand même, ça y est on est prêt!

Bon on s’en doutait quand même que la vie ce n’est pas un porno, on n’est pas débile, mais quand même… un peu déçu… retournons plutôt voir ceux que l’on suit depuis pas mal de temps maintenant. Ils sont beaux, musclés, virils, TTBM, poilus, imberbes, actifs, passifs, les deux,… On les connait sous toutes les coutures, sous tous les angles, sous tous les mecs. Mais pourquoi est-ce que quand c’est dans la vraie vie il y a ces petits cris aigus, cette envie profonde d’arrêter et de continuer à la fois, des moments gênants, des moments trop intenses. Pourquoi pas 30/35 minutes de souffle lourd et de rugissements virils tout en alternant sans encombre 3 à 4 positions ? Alors on observe de plus près et en effet ! Le porno c’est pas de l’amour on le savait déjà mais on se rend compte que c’est même pas du sexe ! C’est trop propre, trop aseptisé, trop lisse. Un plaisir tellement faux qu’il en devient vrai. Pourquoi un porno si loin de la réalité ?

Je lisais récemment un article intitulé Defining Queer Sex où la question se pose de savoir ce qui oppose la sexualité “normale” et la sexualité “queer”, bien que cet article ne réponde pas à la question, il ouvre une réflexion sur les rôles des deux partenaires : Est-ce que quand un homme domine une femme il le fait parce que c’est amusant sur le moment ou est-ce qu’il le fait parce qu’il est un homme? Est-ce que le fait de se cantonner à un rôle n’enlève pas la “funité” de l’acte? Si l’on se pose la même question pour deux hommes le problème revient au même : est-ce que je suis exclusivement actif car j’ai envie d’être perçu en tant que dominateur? Cela agit directement sur la manière dont je baise et m’interdit certaines choses auxquelles je ne dirais pas forcement non… Si on regarde le porno sous cette perspective on se rend compte en consultant les profils de toutes ces stars que leurs rôles sont précisés : Top ou Bottom. Alors certains n’ont pas forcement de préférence mais même dans ces moments là les rôles sont biens tenus.

Est-ce que la réponse de ce porno gay si éloigné de la réalité (de la mienne en tout cas) se trouve dans l’hétérosexualité? Oui car le porno gay n’appartient pas aux homos mais bel et bien aux hétéros… Auraient-ils corrompu notre bonne vieille pornographie? La plupart des acteurs sont mariés avec des enfants mais les salaires sont très très attractifs. Alors prenez ce que l’industrie pharmaceutique fait de mieux en terme de dopants sexuels, ajoutez la magie du montage vidéo et vous obtenez 30 minutes de baise sans une seule baisse de régime. Ces hommes en font deux fois plus que les autres pour se cantonner à un rôle masculin mais le problème est que la masculinité ne réside pas dans la virilité… Alors évidemment on confond…

Des homos dans le porno gay il y a en a quand même il ne faut pas exagérer. Mais si on se concentre sur des sites comme Sean Cody, Randy Blue et autres sites qui proposent du faux porno amateur, où des mecs tous plus beaux les uns que les autres sont castés et interviewés avant de faire une scène, et en lisant des témoignages de personnes ayant participé et bien on apprend qu’on leur demande de jouer les hétéros ou du moins d’oublier leur passion pour la danse, le chant ou les comédies musicales pour faire place à la muscu, aux sorties entre “dudes”, etc… Le porno gay deviendrait-il homophobe? Je pense que je réserverais cette question pour un autre article (j’entends déjà mon compère LeonLeonie crier “Encore du porno?! Tu veux pas plutôt écrire un article sur la culture de la betterave dans le Loir-et-Cher?”). Aller hop au placard Super Bottom! Heureusement on a la chance d’avoir des producteurs comme Michael Lucas ou ChiChi Larue.

Une autre de mes théories tordues est que la réponse se trouve dans l’acceptation de plus en plus grande de l’homosexualité dans le société. On a quand même tendance à se fondre plus facilement dans la masse (merci les métrosexuels!). Ils ne sont plus dégoutés par nos mœurs alors on a de moins en moins besoin/envie d’en faire trois tonnes pour montrer qu’on existe. Alors on a aussi tendance à imiter leurs vies et s’installe dans les couples homos un schéma hétéro qui n’est pas forcement compatible entre partenaires de même sexe.

Que la communauté LGBT devienne homophobe ou qu’elle imite les hétéros il semble donc y avoir un problème de distribution des rôles. Sommes-nous tous des acteurs porno dans le fond?

Aujourd’hui le porno n’est plus pour moi un support masturbatoire, il est le reflet de notre sexualité névrosée où des inconnus, qui couchent ensemble depuis un moment, te proposent un plan à trois dans un bar, après t’avoir raconté beaucoup plus que tu ne souhaitais en savoir sur leur sexualité, une heure seulement après t’avoir rencontré; où les rôles qu’on nous impose et que l’on s’impose viennent gâcher ce qu’on peut exprimer dans un moment comme celui-ci, que ce soit un coup d’un soir ou une histoire d’amour.

Alors je reviens sur ce que je dis au début de cet article, le porno ne me fait pas sortir d’une réalité sexuelle que je n’aime pas trop, il m’y enfonce. Du coup je vais continuer à en regarder pour essayer de mieux comprendre… juste pour essayer de me mieux comprendre bien sûre…

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