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OPEN STAGE

I need a bicycle

(for the english translation: see bellow)
Elle rêvait de grimper sur un vélo
De tendre le bras à droite et sentir son corps se pencher dans les virages
De sentir ses cheveux se soulever
D’aller juste un peu trop vite pour ne pas être certaine d’en être éjecter à la prochaine voiture, au prochain relief sur la chaussée.
Elle rêvait d’un autre horizon que cette beauté si précise qu’avant d’être transportée par elle, il y avait toujours un moment où elle se disait que ca ne marcherait pas.
Elle voulait voyager autrement qu’assise à une terrasses, au fond d’un petit théâtre, dans un lit où elle n’irait qu’une fois,
que dans des ballades urbaines où après une nuit d’ivresse, accrochée au coude d’un acolyte, elle était soudain transcendée par la beauté d’une rue parisienne.
Elle voulait une bute de gazon trouée
Elle voulait pédaler le long des champs de colza
Agripper plus fort le guidon dans les secousses
Essuyer les éclats de boue sur son jean
Enrouler autour d’un poteau un vieux cadenas qu’un coup de pied bien placé aurait vidé de toute utilité

Depuis 3 ans qu’elle s’était installée dans la ville où elle dormait elle n’avait pas vu un chien pas vu un vélo.

Une fois, une femme aux épaisses lunettes rouges, apparue comme par hasard, comme égarée, avait introduit dans le RER B un vélo, entre les poucettes et la masse qu’elle formait avec ceux dont l’absence de vélo, de trottinettes, de champs de colza ou quelque soit l’horizon qu’ils aient quittée était devenu vie.
Puis elle était sortie avec son vélo, et plus jamais elle ne les revus.
Elle serait bien montée sur son porte-bagages. Elle aurait tendu pour elle la main à droite et senti son corps se pencher dans les virages, elles auraient ensemble roulé jusqu’au gazon sauvage.
Mais surtout ce qu’elle aurait bien fait, c’est d’attraper un gros marteau-piqueur pour anéantir ce béton partout et retrouver les champs, les vélos juste en dessous. Elle le savait pas loin sous le béton, il y avait la terre. Pas loin il y avait les éclats de boue qui salirait son jean.

Elisa-Sednaoui-la-nouvelle-Parisienne_visuel_article2
PARIS
1fevrier2011_Blanc-Mesnil_Tilleuls30
LE BLANC MESNIL

She wishes she could jump on a bicycle
Stretch out her arm, and feel her body leaning while she turned
Feel her hair rising with the wind
She wishes she could ride it just fast enough to cease to be certain that she will not be ejected from it at the next car, at the next hole.
She whishes she could be transported by other things.
She was tired of this beauty, so precise, so universal that each time she came across it, for a moment, she thought “come on, it won’t work, not on me!” and then succumbed to it.
She wanted to feel life, and not in bars, small theaters, beds on which she will go just one time,
Or during an urban walk when after a night she spent on drinking, holding her friend elbow, she was suddenly stricken by the beauty of a street of Paris.
She wanted scattered lawns
She wanted to ride along canola fields
Hold tighter her bike while it shakes
Wipe out the drop of mud on her jeans
Roll an old lock that a good kick would open around a post

She has been sleeping in this city for 3 years, and not once she had seen a dog or a bike.

Oh yes, once. A Lady with thick red glasses. She came out of nowhere, It almost felt like a mistake. She placed her bike between the strollers and the crowd that has never really ceased to dream about canola fields, or whatever field they left. And then her and her bike disappeared.

She wishes she could jump on this unexpected bike and ride with her till they reach wild lawns. Stretched out her arm and feel her body leaning while they turn.

Or really what she wishes was to find a huge jackhammer and destroy the concrete layer that was simply everywhere and find under it fields and bikes. She knew it. Just under her feet, not far away, she could find earth. She knew it. Just under her feet, she could find the drops of mud that would dirty her jeans.

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