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The smell of Palestine

(In English after the pictures)

L’odeur, il la reconnaît tout de suite. Il a 15 ans. Il me montre la fumée blanche quelques rues plus loin. Le gaz lacrymo. «Dont go to the Key!». The Key je sais pas ce que c’est, mais je comprends que c’est là-bas. Et qu’il me dit de ne pas y aller. Il s’inquiète pour moi. Lui ira peut-être à la clé. Peut-être même qu’il y jettera une pierre. Peut-être même plusieurs. Peut-être même qu’il espérera que les soldats sortent. Mais pour l’instant il s’inquiète pour moi. Il me montre du doigt le chemin que je peux prendre pour ne pas me retrouver bloquée par le gaz. Le gaz commence à me piquer les yeux. Tous les jours le gaz et tous les jours des gamins qui s’inquiètent pour moi. Je suis dans le camp de réfugiés d’Aida à Bethlehem. Malgré les accords d’Oslo, la frontière clairement définie, le mur est là contre le camp à 10 mètres de sa maison dans les terres palestiniennes. Entre les champs et les maisons. Il n’a plus accès aux champs dans lequel il jouait au foot. Il n’a plus accès à aucune nature d’ailleurs. A la place un grand mur et des miradors. Un portail bleu. Quand la porte s’ouvre c’est pour voir débarquer les soldats. Il n’a pas vu d’israélien en civil depuis 2004. Le gaz me pique les yeux. Je suis dans un camp de réfugiés. C’est ce qu’on m’a dit. Réfugiés de quoi? Je ne comprends pas toute de suite .Et puis ça fait maintenant plus de 50 ans que ce n’est plus un camp. Les tentes se sont transformées en maisons confortables mais serrées les unes contre les autres. Séparées par de minuscules ruelles sans lampadaire. Et tous les soirs à 4 heures elles se remplissent d’une fumée blanche. L’odeur du gaz lacrymo. Je me dépêche de rentrer. Je rentre chez moi. Un chez moi temporaire. Dans une famille. Je raconte mon histoire. «Dont go to the key». Tu sais ce que c’est la clé Flora? Je ne sais pas. Elle me raconte. Elle a 35 ans. Sa belle-mère, qui vit en face a une clé dans sa poche. Et sa mère a une clé dans sa table de nuit. En fait toutes les familles du camp ont une clé. La clé de la maison qu’ils ont quittée en 1948 en pensant y retourner quelques mois plus tard. Sa mère est née là. Dans le camp. Elle, à l’hôpital d’à coté. Aujourd’hui à quelques mètres de l’énorme mur dont le tracé a été reconnu illégal par la court internationale de justice. Le mur qui les empêche d’aller à leur Capitale. Jérusalem à 8 km. Qui les empêche de voir autre chose que du béton. Il y a une clé. La sculpture d’une clé géante. Et à coté, il est écrit “we will return”. Et chaque soir vers 4h des gamins de 14 à 20 ans vont à la clé pour jeter des pierres sur le mur interdit, sur l’immense portail bleu. Ils caillassent. Une sorte manifestation désespérée. Comme partout sur leur petite terre occupée. Partout en Cisjordanie se forment des manifs de jeunes hommes qui jettent des cailloux sur les symboles d’une occupation illégale. Une occupation agressive. Et chaque jour les soldats tirent sur les manifestants. Et chaque jour ils tuent. Des gamins aussi: 18 ans. 19 ans. 20 ans. Service militaire obligatoire. Leur tirent dessus. Et tuent. Et comme chaque personne qui est venue en Palestine avant moi je pose la question: Pourquoi personne ne fait rien? Pourquoi on les laisse tirer sur la foule? Pourquoi le mur est toujours là? Il grandit même. “What can we do?” En face de moi une ado. 13 ans. Son nom veut dire espoir. Elle m’apporte un thé. Excuse sans doute pour s’approcher de moi et me raconter. Le camp. Son rêve d’aller en Chine. Demain, elle installera un foulard rouge pour cacher ses cheveux noirs. Elle m’emmènera à la clé. Elle me montrera où le gamin qui était dans son groupe au centre aéré a été tué. Il y a une semaine. 14 ans. Et elle répétera cette phrase “what can we do?”. J’attrape la tasse et bois le thé. Il est un peu tard pour boire du thé mais je n’ose refuser.

the key

igp5955

AIDA_1SAn illegal wall

Jérusalem-Est-Colonies-israéliennes-en-Palestine-Occupée

Illegal settlements on palestinian territories

The boy could recognize its smell right away. Tear gas. A 15 years old boy.

 « Don’t go to the key ».

I did not know what the key was . But I understood that it was the name of a place few streets bellow. He showed me a  white cloud coming from over there. The boy was worried for me. He did not want me to be trapped inside the gas. He probably went to the key afterward and he probably threw a stone or two. And maybe stayed there hoping for the soldiers to come out. But for now he was worried for me. He showed me the way to come back home safely. Everyday at 4 a clock there was gas in Aida Camp. And Every day the boys were worried for me.  I was in Aida Camp, a UN refugee Camp in Bethlehem. No matter how precisely defined the frontiers are the wall is there: inside the palestinian territory up against the camp between people’s house and people s field. The boy doesn’t have access to the fields were he used to play soccer. He doesn’t have access to any nature. Where he used to see fields  of olive trees he now see an enormous grey wall, Miradors and a bleu door that only opens to let the soldiers enter the camp and shoot. Since 2004. When they start to build the illegal wall between people s field and people’s house, 3 yards away from his house. My eyes are itching now I smell it. Tear gas. I’m in a refugee camp. That what they told me. Refugee from what that i did not understood right away. And it has ceased to be a camp more than 50 years ago. The tents have been replaced by comfortable houses squeezed inside the area that the UN has rented in 1948. The houses are separated by narrow streets with no lights that are invaded by a white itching smoke every day.I hurried up back home. My home for a week. In a family. I sat on the coach and told them what just happened. «Don’t go to the key».

«You know what the key is, Flora?».

I did not know. She is 35. Her mother is born here. In this house. And she is born is the UN hospital near by. Her step mother that lives in the room across the hallway always has a key in her pocket. And her mother in a drawer. In fact every family has a key. The key of the house they left during the 1948-war thinking they’d go back home few months later. And today, facing the occupation wall there is a key. The huge sculpture of a key. And next to it a sign that says « we will return ». Every day around 4 a clock a group of boys, from 14 to 20 years-old boys, go to the key and throw stones on the illegal wall. The wall that prevents them from going to the field where they used to play soccer instead of throwing stones. A sort of hopeless demonstration. And like every where in this tiny palestinian land, covered with illegal walls, illegal check-points, segregated streets, segregated roads, illegal settlements. Everywhere in the west banks, people demonstrate. And they throw stones on the symbols of a growing, aggressive, illegal occupation. And every day the soldiers shoot. And every day palestinian people die in those demonstrations. Killed by soldiers. kids too. 18. 19. 20 years old kids. Doing their military service. And like every body that came here before me I ask my self. Why ? Why do we let them do that ? How come my media never told me that ?

« What can we do?»

In front of me. A 13 years old girl. Her name means hope. She brings me a tea. Looks at me. Like teenagers do. She doesn’t like the camp. She wants to travel. To China first and then everywhere. She will never get married. Tomorrow she will hide her black hair with a red piece of fabric and we will go out together and she will show me her school. She ll show me where the boy that she knows from summer camp was shot dead last weak. A 14 years old boy. And she will repeat that sentence. « What can we do? ». I drink my tea. It’s a bit too late for tea but I drink it any way.

 

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