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leonleonie

leonleonie a écrit 124 articles de Emily Dickinson's Drawer

Bus: Paris-lisboa

 

Il était parti avec elle. Pour sans doute arrêter de se donner rendez-vous. Il ne la connaissait pas tant que ça. Mais ces deux billets dont ils n’avaient parler à personne semblaient les ressembler. Ils avaient un projet en commun. Aller là-bas. Y rester quelque temps. Et revenir. Ils reprendront le système des rendez-vous pour se revoir une fois arriver. Mais là dans le bus il suffisait qu’il tourne la tête pour la voir. Elle était là pendant les 28 heures. Elle dormait contre la fenêtre. Des musiques facilement agréable passaient et cette nature qu’il ne voyait plus défilait devant ses yeux. 28 heures. C’était sensé être l’horreur. 28 heures de bus. Mais il aimait ça. Etre dans le bus. Réveillé à 4 heures du matin. Traverser l’Europe. Le bruit du moteur. Le très léger balancement. Il se sentait bercé. Il se sentait bien. 5 heures. La lumière s’allume. Elle, qui ne connait pas tant, ouvre les yeux. Il faut sortir. Ils vont fermer le car. Elle semble ne pas tout capter. Sans doute pas tout à fait réveillée. Air d’autoroute. Elle a froid. Elle a sommeil. Elle a mal au coup. Lui aussi. T’as 50 centimes. Oui. Elle s’avance vers la machine à café. Parce qu’il n’y a rien d’autre à faire. Ils boivent un café. On est où. En Espagne. Le mot la réveille. Elle sait qu’elle est en vacances. En Espagne. Elle n’a plus mal au coup. La station service semble plus belle. Elle écoute. Elle sourit quand elle entend parler espagnol autour d’elle. Elle raconte. La première fois qu’elle est allée en Espagne. Lui écoute. Le café lui envahit la bouche. Il est bien. Heureux même. Il regarde sa tête endormie. Ses yeux qui se rappellent. Étrange. Il ne connaissait pas tant que ça. Elle, elle ne trouve pas ça étrange. Elle pourrait même s’endormir sur son épaule. Et même sur celle d’un inconnu. Lui n’est pas très familier avec l’intime. Le sommeil de l’autre.  Les 50 centimes. Elle ne lui rendra pas. Il est bien là. Elle coupe sa pomme en deux. Il ne se pose pas la question de savoir si il a faim. Il la mange. Il regarde sa montre. Allez on y retourne. Elle l’écoute. Il prétend préférer le siège à coté du couloir et la voit rapidement se rendormir.

He went with her. He was tired of setting times and places each time they wanted to see each other. He didn’t know her that much. But they had two bus tickets that nobody secret knew about . They had this thing they were doing together. Going there. Staying there. And coming back. There, they would have to set time and places to see each other. But here in the bus he just had to turn his head to see her. She was next to him for 28 hours. She was leaning on the window. Sleeping. The driver plaid music, the kind that is easy to like. And the nature that he hardly saw back in Paris passed before his eyes. 28 hours. It was supposed to be a nightmare. 28 hours in a bus. But he liked it. Being there. In the bus. Awake at 4 in the morning. Crossing Europe. The sound of the Engine. The way he was being rocked by the machine. He liked it. 5 a clock. Every lights. On. He didn’t know her that much. She opened her eyes. « we have to leave the bus » « they will lock it ». She was not awake enaugh to fully understand.

 

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The boys never passed her the ball

The boys never passed her the soccer ball. That’s how it was. She was so happy to play with them that she never even thought about being upset about it. Within few monthes they learn how play. But she did not. Eventually she stopped to want the ball. She wanted her team to win. She became goal keeper. After a while. She became good. and soon. the best. So much so that she thought that she liked it. Being goal keeper. The balls hits her straight red palm one after an other. She trained on enduring the pain. She had read and misanderstood in some kid review an article on boudhism. So she felt like she was doing some sort of spiritual activity. Mastering the pain. On the soccer field. But also when she fight with the boys. In the sand pit. They watched her going peacefully to the bathroom while her nose bled thinking she was convenient. For a girl. Convenient. She had to be convenient. She did not have to be a boy to play with them. She just needed to convenient. So she learned how to be convenient. And she became good at it. She even thought she liked it.

The smell of Palestine

(In English after the pictures)

L’odeur, il la reconnaît tout de suite. Il a 15 ans. Il me montre la fumée blanche quelques rues plus loin. Le gaz lacrymo. «Dont go to the Key!». The Key je sais pas ce que c’est, mais je comprends que c’est là-bas. Et qu’il me dit de ne pas y aller. Il s’inquiète pour moi. Lui ira peut-être à la clé. Peut-être même qu’il y jettera une pierre. Peut-être même plusieurs. Peut-être même qu’il espérera que les soldats sortent. Mais pour l’instant il s’inquiète pour moi. Il me montre du doigt le chemin que je peux prendre pour ne pas me retrouver bloquée par le gaz. Le gaz commence à me piquer les yeux. Tous les jours le gaz et tous les jours des gamins qui s’inquiètent pour moi. Je suis dans le camp de réfugiés d’Aida à Bethlehem. Malgré les accords d’Oslo, la frontière clairement définie, le mur est là contre le camp à 10 mètres de sa maison dans les terres palestiniennes. Entre les champs et les maisons. Il n’a plus accès aux champs dans lequel il jouait au foot. Il n’a plus accès à aucune nature d’ailleurs. A la place un grand mur et des miradors. Un portail bleu. Quand la porte s’ouvre c’est pour voir débarquer les soldats. Il n’a pas vu d’israélien en civil depuis 2004. Le gaz me pique les yeux. Je suis dans un camp de réfugiés. C’est ce qu’on m’a dit. Réfugiés de quoi? Je ne comprends pas toute de suite .Et puis ça fait maintenant plus de 50 ans que ce n’est plus un camp. Les tentes se sont transformées en maisons confortables mais serrées les unes contre les autres. Séparées par de minuscules ruelles sans lampadaire. Et tous les soirs à 4 heures elles se remplissent d’une fumée blanche. L’odeur du gaz lacrymo. Je me dépêche de rentrer. Je rentre chez moi. Un chez moi temporaire. Dans une famille. Je raconte mon histoire. «Dont go to the key». Tu sais ce que c’est la clé Flora? Je ne sais pas. Elle me raconte. Elle a 35 ans. Sa belle-mère, qui vit en face a une clé dans sa poche. Et sa mère a une clé dans sa table de nuit. En fait toutes les familles du camp ont une clé. La clé de la maison qu’ils ont quittée en 1948 en pensant y retourner quelques mois plus tard. Sa mère est née là. Dans le camp. Elle, à l’hôpital d’à coté. Aujourd’hui à quelques mètres de l’énorme mur dont le tracé a été reconnu illégal par la court internationale de justice. Le mur qui les empêche d’aller à leur Capitale. Jérusalem à 8 km. Qui les empêche de voir autre chose que du béton. Il y a une clé. La sculpture d’une clé géante. Et à coté, il est écrit “we will return”. Et chaque soir vers 4h des gamins de 14 à 20 ans vont à la clé pour jeter des pierres sur le mur interdit, sur l’immense portail bleu. Ils caillassent. Une sorte manifestation désespérée. Comme partout sur leur petite terre occupée. Partout en Cisjordanie se forment des manifs de jeunes hommes qui jettent des cailloux sur les symboles d’une occupation illégale. Une occupation agressive. Et chaque jour les soldats tirent sur les manifestants. Et chaque jour ils tuent. Des gamins aussi: 18 ans. 19 ans. 20 ans. Service militaire obligatoire. Leur tirent dessus. Et tuent. Et comme chaque personne qui est venue en Palestine avant moi je pose la question: Pourquoi personne ne fait rien? Pourquoi on les laisse tirer sur la foule? Pourquoi le mur est toujours là? Il grandit même. “What can we do?” En face de moi une ado. 13 ans. Son nom veut dire espoir. Elle m’apporte un thé. Excuse sans doute pour s’approcher de moi et me raconter. Le camp. Son rêve d’aller en Chine. Demain, elle installera un foulard rouge pour cacher ses cheveux noirs. Elle m’emmènera à la clé. Elle me montrera où le gamin qui était dans son groupe au centre aéré a été tué. Il y a une semaine. 14 ans. Et elle répétera cette phrase “what can we do?”. J’attrape la tasse et bois le thé. Il est un peu tard pour boire du thé mais je n’ose refuser.

the key

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AIDA_1SAn illegal wall

Jérusalem-Est-Colonies-israéliennes-en-Palestine-Occupée

Illegal settlements on palestinian territories

The boy could recognize its smell right away. Tear gas. A 15 years old boy.

 « Don’t go to the key ».

I did not know what the key was . But I understood that it was the name of a place few streets bellow. He showed me a  white cloud coming from over there. The boy was worried for me. He did not want me to be trapped inside the gas. He probably went to the key afterward and he probably threw a stone or two. And maybe stayed there hoping for the soldiers to come out. But for now he was worried for me. He showed me the way to come back home safely. Everyday at 4 a clock there was gas in Aida Camp. And Every day the boys were worried for me.  I was in Aida Camp, a UN refugee Camp in Bethlehem. No matter how precisely defined the frontiers are the wall is there: inside the palestinian territory up against the camp between people’s house and people s field. The boy doesn’t have access to the fields were he used to play soccer. He doesn’t have access to any nature. Where he used to see fields  of olive trees he now see an enormous grey wall, Miradors and a bleu door that only opens to let the soldiers enter the camp and shoot. Since 2004. When they start to build the illegal wall between people s field and people’s house, 3 yards away from his house. My eyes are itching now I smell it. Tear gas. I’m in a refugee camp. That what they told me. Refugee from what that i did not understood right away. And it has ceased to be a camp more than 50 years ago. The tents have been replaced by comfortable houses squeezed inside the area that the UN has rented in 1948. The houses are separated by narrow streets with no lights that are invaded by a white itching smoke every day.I hurried up back home. My home for a week. In a family. I sat on the coach and told them what just happened. «Don’t go to the key».

«You know what the key is, Flora?».

I did not know. She is 35. Her mother is born here. In this house. And she is born is the UN hospital near by. Her step mother that lives in the room across the hallway always has a key in her pocket. And her mother in a drawer. In fact every family has a key. The key of the house they left during the 1948-war thinking they’d go back home few months later. And today, facing the occupation wall there is a key. The huge sculpture of a key. And next to it a sign that says « we will return ». Every day around 4 a clock a group of boys, from 14 to 20 years-old boys, go to the key and throw stones on the illegal wall. The wall that prevents them from going to the field where they used to play soccer instead of throwing stones. A sort of hopeless demonstration. And like every where in this tiny palestinian land, covered with illegal walls, illegal check-points, segregated streets, segregated roads, illegal settlements. Everywhere in the west banks, people demonstrate. And they throw stones on the symbols of a growing, aggressive, illegal occupation. And every day the soldiers shoot. And every day palestinian people die in those demonstrations. Killed by soldiers. kids too. 18. 19. 20 years old kids. Doing their military service. And like every body that came here before me I ask my self. Why ? Why do we let them do that ? How come my media never told me that ?

« What can we do?»

In front of me. A 13 years old girl. Her name means hope. She brings me a tea. Looks at me. Like teenagers do. She doesn’t like the camp. She wants to travel. To China first and then everywhere. She will never get married. Tomorrow she will hide her black hair with a red piece of fabric and we will go out together and she will show me her school. She ll show me where the boy that she knows from summer camp was shot dead last weak. A 14 years old boy. And she will repeat that sentence. « What can we do? ». I drink my tea. It’s a bit too late for tea but I drink it any way.

 

Hébron Pue

C’est de se tromper que de penser que le problème c’est les colons. Sandra était assise sur le canapé en face de moi. Mon oncle buvait ses paroles. Presque intimidé. Je la regardais. Encore sous le choc de ce que je venais d’entendre. Les colons jetaient leur propre urine sur les passants. On devait voir Hébron. Si on était venus jusque-là il fallait voir Hébron. Depuis que l’on était sortis de l’avion à Tel-Aviv Sandra dans un flot de paroles dense, clair et ininterrompu nous listait les exactions dont elle avait été témoin depuis qu’elle s’était installée à Bethlehem. Il y a 5 ans. Je voyais la position de mon oncle se transformer à mesure que les jours passaient. Septique d’abord. Il commençait à la croire. Le deuxième jour. Il avait placé devant moi le Guide du Routard Israël Palestine ouvert et avait dit t’as vu. Ils disent la même chose que Sandra. Les gamins jettent des cailloux sur le mur. Juste sur le mur. Sandra s’était faite insultée par une femme-colon à Hébron. Des insultes précises, souhaitant une mort seule, humiliante. Hébron était le repère des sionistes les plus extrêmes qui venaient du monde entier pour s’installer là avec comme mission, divine disaient-ils, de faire partir par tous les moyens possibles les palestiniens de la ville. Ville définie par l’ONU comme entièrement palestinienne. Et dans laquelle toute colonie est formellement interdite. Les colons molestent les enfants palestiniens sur le chemin de l’école pour les empêcher d’y aller. Dans toutes les autres villes de Palestine, les colons ont une certaine retenue en présence de témoins internationaux. A Hébron. Ils les insultent eux aussi. Ils ont exproprié avec l’aide de l’armée les commerçants de la rue principale et ont installé un check-point de chaque côté de la rue. Un jour on a un commerce. Et le jour d’après on a l’interdiction d’accéder à sa rue. C’est comme ça en Palestine. Elle nous racontait des horreurs et des horreurs. Et méthodiquement nous nous déplacions en Cisjordanie pour les vérifier. Pour être témoins. Je gardais un regard froid, intellectuel, presque scolaire. J’inscrivais sur mon carnet la liste des manquements aux droits de l’Homme. La liste des résolutions de l’ONU non respectées. Mais l’urine. J’ai pas pu. Ils remplissaient des bouteilles de leur propre urine pour la jeter sur les passants. Je n’ai pas pu rester objective. Impartiale. Méthodique. Une colère est montée en moi. Elle ne m’a pas quitté. Il fallait voir la rue volée. Il fallait marcher dans le souk et voir les filets au-dessus de nos têtes qui retiennent les bouteilles d’urine, de javel et les poubelles lancées par les colons. Mais hier les soldats ont tué une femme. Ils refusent de rendre son corps à la famille. Demain, les manifestations devant les check-points seront violentes. On brulera des pneus. Et les soldats tireront. J’avais promis en France de ne pas aller à Hébron. Mais on y est allés. Avec ma grand-mère même. Avec ma grand-mère on a couru pour ne pas être pris par le gaz lacrymo. Et on s’est réfugiés dans le zouk où les manifestations s’arrêtent. Et on a vu. La honte. Les magasins volés. Les poubelles jetées. Un soldat très jeune s’amusait à faire peur. On est passés à des check-points, en laissant derrière nos amis palestiniens. L’apartheid. Tout le séjour. On a entendu. Je m’arrête là. Je ne peux pas aller plus loin. Continuez sans moi. A pied. En voiture. Et nous on a continué. On a passé tous les check-points. On les a laissés dans leur prison. C’est de se tromper que de penser que le problème d’Hébron c’est les colons. A Hébron il y a 500 colons. Et pour les protéger 2000 soldats.

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Holidays

(for the text in english : see bellow)

Elle avait 17 ans. Elle avait décidé d’arrêter les vacances depuis qu’elle avait 15 ans.
La plage. Les restaurants. Les jeux de société. Elle n’aimait pas ça. Mais il y avait le calendrier scolaire. Elle était à la maison. Elle cherchait un truc à faire. Une ferme. Un gosse à garder. Une rayon de la médiathèque. Une voiture se gara devant la maison.
Elles repartiraient dans l’après-midi. Elles iraient dans une grande ville voir une pièce de théâtre. Avec une actrice connue. Le nom ne lui disait rien. Est-ce qu’elle pouvait venir avec elles. On ne refusa pas. Personne ne l’en empêcha.

Après la pièce la voiture repartirait. La femme qui s’était assise à coté d’elle vivait là. Dans la grande ville. Elle la connaissait. Quand elles étaient arrivées, elle les attendait devant le théâtre. Elle ressemblait un peu à une actrice. d’un autre temps.  La petite s’ennuyait beaucoup à cette époque. Surtout quand les gens parlaient. Mais cette femme ne l’ennuyait pas. La petite parlait avec elle comme si parler était une chose facile. Je peux rester chez toi. La femme n’avait pas vraiment le choix. Il n’y avait plus de train. Elle dormit chez elle. Quand elle lui demanda le lendemain matin de rester une autre nuit Elle aurait pu refuser mais ne le fit pas. Elle la trimbala partout. Elles partirent ensemble à la recherche de la tombe d’un homme dans le cimetière de Fourvière sous un grand parapluie qui ne parvint pas à protéger le bas de leurs jeans, qu‘elles durent faire sécher en rentrant. Quand elle rencontra de la petite-fille de l’homme dont on retrouva pas la tombe, la petite était là aussi, dans un coin de la pièce. Et quand elle vola du chocolat et du camembert à Monoprix, elle l‘avait accompagnée. Elle ne vola pas le pain. Le pain, elle le payait. Question de principe. Pendant ces trois jours personne n’appela la petite. On ne lui demanda pas quand est-ce qu’elle pensait rentrer.

Le matin du troisième jour. Il fallu qu’elle parte. Le téléphone avait sonné. Il faut que tu partes maintenant. Quelque chose à voir avec l’amour. Elle ne fut pas en mesure de comprendre. Trop abstrait pour elle. Elle partit et comprit qu’elle ne reviendrait plus. Dans la poche arrière de son jean pliée en quatre une liste de films. Elle ne chercha pas à comprendre plus que cette règle qui ne fut jamais formulée: La seule conversation qu’elle ne pourrait dorénavant avoir avec cette femme était sur ces films. Elle s’y plia. Elle entra dans le train

Elle rentra. Recommença les amis, le mauvais vin blanc, les cigarettes. Assise sur les escaliers en pierre devant le lycée de quelqu’un d’autre, elle raconta à ses amis comment elle avait été une adulte pendant 3 jours. La voiture. Le train. Le cimetière. Le monoprix. Ils l’écoutèrent raconter l‘histoire. Un auditoire très attentif. Elle ne compris pas tout à fait pourquoi. Pffou. Lundi on reprend. M’en parle pas.

She was 17, she had stopped iddle holidays since she was 15. Sunbathing. Restaurants. Board games. She simply did not like it. She was at home looking for some sort of projects. Farming. Babysiting. A section of the librairie. A car came to the house. They’d go to another city to see a play. A big city. Someone famous. She did not know the name. A friend lived there. Could she come with them. They did not refuse. Nobody stopped her. she entered the car and went to the big city.

They met the friend in front of the theater. She knew her. She was as she remembered, a tall woman who walked like an actress but from another time. She sat next to her. At that time most of the things were boring, especially speaking. But nothing about this woman was boring. She spoke with her like speaking was easy. Can I stay at your place tonight. She could not really say no to the teenager for that first night. There were no train left to bring her back home and the car was to leave after the play. But when the next day, she asked to stay for another night she could have said no but she did not. She took the small girl everywhere she went. If she’d look for someone’s grave under the rain, she’d take her with her. If she’d meet the grand daughter of the man under the grave, she’d take her with her. She’d go stealing chocolat and camembert to the supermarket, she’d take her with her. Not bread. The bread she wanted to buy it. She had some principles. For the 3 days nobody asked the teenager  where she was and when she’d return.

The morning after the second night she was to leave her flat. The phone had rang. You should leave now. Something about love. She could not understand. Too abstract for her. She left and anderstand that she would not come back. On the back pocket of her jeans folded in four sections a list of movies the woman had written for her. She did not desire to understand more than the implicite rule she departed with. From now the only converstations she could have with the woman were about this list. She obeyed. She entered the train.

She went back home, to her friends, her cheap white wine and her cigarettes. They sat on the large stone staires in front of someone else’s highschool. She told her friend how she had been an adult for 3 days. The car, the flat, the stolen food, the rain, the graveyard. They liked the story. Pfooo, monday it’s school again. Don’t tell me. She liked school.